Pour l’occident, la Kabylie n’est pas un enjeu stratégique et économique

Posté par kabylie libre le 16 décembre 2009

C’est un fait, l’influence des berbères en France est très limitée. Voire même confidentielle. Si des personnalités politiques isolées expriment parfois leur sympathie pour la cause « kabyle », c’est souvent pour des raisons idéologiques. Ainsi, les personnalités politiques les plus connues pour leur proximité avec le berbérisme sont, à droite, Claude Goasguen, Alain Madelin ou André Santini. Soit des personnalités connues pour leur ultralibéralisme, un occidentalisme effréné et un anti-islamisme qui confine parfois à l’obsession. 

Ainsi, ces individus font partie du fameux courant « atlantiste » de l’échiquier politique français, courant prônant notamment une alliance indéfectible avec les Etats-Unis, dans le cadre de l’OTAN. Par ailleurs, ce courant est également un défenseur inconditionnel de l’état d’Israël et par là même, contempteur des régimes arabo-musulmans environnants. Les kabyles sont ici idéalisés, considérés comme culturellement « compatibles » avec l’occident et donc rassurants. 

A gauche, peu de personnalités affirment leur solidarité aux kabyles. Pour une raison essentielle : la communauté arabo-musulmane est une forte pourvoyeuse de voix à gauche et les états majors de gauche considèrent qu’une proximité affichée avec les « berbéristes » effriterait cet apport. Noël Mamère a bien tenté de faire entendre une voix discordante, notamment lors des émeutes du printemps noir mais n’a pas été suivi par ses amis politiques. 

Ainsi, les intérêts économiques et électoraux seront toujours les curseurs du positionnement politiques de nos représentants. Croire qu’en affichant des positions pro-américaines ou pro-israéliennes changera la donne est un leurre dans lequel beaucoup de « militants » kabyle se sont fourvoyés. Etre kabyle n’implique pas de fermer les yeux sur les souffrance du peuple palestinien, abandonné par la communauté internationale et enfermé dans une prison à ciel ouvert, avec des soldats israéliens comme matons. 

Lors des émeutes du printemps noir, les kabyles ont été victimes du même cynisme, de la même indifférence de la communauté internationale. La raison ? Les kabyles ne sont pas opprimés par Fidel Castro, Hugo Chavez ou Ahmadinedjad. Les kabyles sont opprimés par un régime algérien qui assure aux occidentaux, notamment le désormais « couple » franco-américain, ses intérêts économiques et stratégiques. Car il faut distinguer une dictature proaméricaine d’une dictature anti-américaine. 

L’autre raison de la folklorisation de la revendication kabyle est la récupération de la lutte contre le colonialisme par… l’arabo-islamisme. Ainsi, le fer de lance de la demande de réparation contre les crimes de la colonisation est le mouvement des indigènes de
la République, organisation arabo-islamiste, qui nie l’existence des kabyles. Cette organisation a même fait de la « kabylité » une invention coloniale pour diviser les algériens. 

Ainsi, la culpabilisation de
la France se dirige vers les arabo-musulmans, communauté qui bénéficie d’avantages (certes limités) dont les kabyles ne bénéficieront jamais, compte tenu de leur inexistence politique et de leur capacité d’influence quasi-nulle. Les kabyles n’ont pas une claire conscience d’eux-mêmes, leur conscience identitaire ne s’exprime par de la même façon chez tous (contrairement aux juifs, aux arabes…). Cela entraîne une division dans ses rangs qui empêche l’émergence d’une communauté kabyle unie et solidaire. 

Enfin, les kabyles ne disposent pas d’un état à l’étranger, susceptible d’appuyer et de soutenir financièrement leur organisation en tant que communauté. Les kabyles sont au contraire en proie, outre à leurs divisions internes, à des obstacles et des noyautages extérieurs qui tuent dans l’oeuf les initiatives qu’ils peuvent prendre. 

Les kabyles ne sont pas un enjeu stratégique et économique pour les puissances occidentales. Ni même une alternative sur laquelle s’appuyer en cas d’improbable radicalisation anti-occidentale du régime algérien. Pour la seule et simple raison que même si, par un miracle divin, les kabyles s’unissaient entre eux, ils resteraient minoritaires au sein de l’ensemble algérien et n’en susciterait que d’autant plus la méfiance des autres algériens. 

Ces données, les nations occidentales, et leurs services de renseignements les ont intégré. 

Alors ne rêvons pas : ni les gaullistes, traditionnellement pro-arabe, ni les atlantistes, pro israélien mais pragmatiques économiquement, ni la gauche, pour laquelle votent les arabo-musulmans de France, n’ont spécialement intérêt au réveil de
la Kabylie. 

La solution et l’avenir de
la Kabylie ne dépendront donc que des kabyles eux-mêmes, ceux qui vivent en Kabylie. De leur capacité à résister à l’arabisation en oeuvre et qui les fait douter de jour en jour de leur propre originalité et la capacité du pouvoir algérien à aller au bout de son machiavélique objectif : uniformiser la totalité des algériens. Aujourd’hui les kabyles parlent toujours kabyle. A l’aire des nations, de la technologie, de l’éducation nationale et des médias, il n’est pas dit que ce sera toujours le cas. 

 

Arezki BAKIR 

 

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