L’antikabylisme ou l’algérianité sclérosée

Posté par kabylie libre le 16 décembre 2009

« Prise en otage,
la Kabylie sert aux tenants du pouvoir à rééquilibrer leurs forces à chaque fois qu’ils épuisent leur réserves de coups tordus et de stratagèmes diaboliques, la seule et unique science dans laquelle ils excellent. 
On ne revendique jamais assez la liberté d’opinion et celle de la presse. Mais se retrouver face à une campagne de lynchage médiatique portée par des titres arabophones, ampute cette presse idéologiquement orientée du peu de crédit qu’elle aurait été en droit d’espérer si elle avait accepté le contrat de la modernité au lieu de s’épuiser dans de vilaines courbettes et autres avilissantes allégeances. 

Ce faisant, c’est toute la presse, la liberté et l’éthique qui la sous-tendent qui accusent durement le coup, sans doute pour longtemps. Les multiples attaques dont fait l’objet
la Kabylie et ses farouches défenseurs en la personne de M. Ferhat Mehenni et le MAK ne sont pas fortuites et méritent réflexion pour mettre la lumière sur leurs desseins inavoués. 

C’est pourquoi l’on ne s’étonnera pas de voir le sinistre Ben Aicha, émir de la sanguinaire armée du FIS, AIS à l’ouest du pays, intervenir dans le journal El-Bilad proche du Hamas et de surcroit en une, pour verser sa haine, son animosité envers
la Kabylie, laquelle refusait et refuse toujours son projet islamiste assassin. 
La place prépondérante qu’occupe la kabylophobie dans les titres de la presse arabophone est le résultat d’un régionalisme criminel qui mine les hautes sphères de l’État. Elle répond exactement au tribalisme caractérisant les alliances au sein du pouvoir. 

Se retrouver alors en un demi-siècle d’indépendance nationale avec la quasi-majorité des responsables issus de la même ville pour ne pas dire du même quartier, sonne comme la réponse à nos affabulations nationalistes que nous avons défendues des années durant, sans savoir que nous travaillions contre nous-mêmes. Quant à notre projet nationaliste, nos ennemis savent notre dénuement matériel qui affecte d’une terrible vanité nos convictions les plus tenaces; laquelle impuissance ne peut être contournées qu’à l’aide d’une union à toutes épreuves. Nos bourreaux tablent aussi sur le manque de vision et la petitesse de nos responsables et, bien entendu, l’hypocrisie légendaire des Algériens envers tout ce qui vient de nous. 

Cette campagne orchestrée au moment où le projet de troisième mandat bat son plein, vise à mettre
la Kabylie sur la défensive pour épargner au candidat au trône les mésaventures d’une Kabylie médiatiquement debout et politiquement offensive. 
Il serait aisé pour Bouteflika, le candidat à sa propre succession, de nous opposer un nouvel ennemi. Du reste, le choix des acteurs n’illustre-t-il pas l’intérêt des gouvernants à provoquer pour la énième fois la frondeuse Kabylie ? 

Cela d’une part, et de l’autre, le massacre de Kabyles en 2001 ne peut rester impuni, donc le justifier, en nous collant l’étiquète d’évangélistes ou celle de racistes leur semble la mieux adaptée.
La Kabylie sert aux clans au pouvoir à rééquilibrer leurs forces à chaque fois qu’ils épuisent leurs réserves de coups tordus et de stratagèmes diaboliques, seule et unique science dans laquelle ils excellent. 
Les Kabyles de service (KDS), assimilés sous d’autres cieux à une participation conséquente de
la Kabylie à la gestion des affaires du pays, se sentent décrassés de la poussière régionale qui les suit. 

Au sein du pouvoir, être Kabyle, c’est être coupable d’un crime contre « la nation » algérienne, d’où l’excès de zèle des KDS et autres aliénés à prouver leur bonne foi et leur non Kabylité. Pour ce qui est des journaux arabophones, bras armé de cette campagne contre
la Kabylie et M. Ferhat Mehenni, leur déchainement prouve leur hantise d’une Kabylie affranchie du joug du pouvoir arabo-islamiste. Par ailleurs, ces titres répondant aux commandes de partis politiques connus pour leur hostilité au fait kabyle savent pertinemment qu’en dehors du MAK, la représentation politique de
la Kabylie est très faible pour mener la défense de cette région. 

Ni le FFS et encore moins le RCD ne seraient en mesure de nous défendre. Le Parti de Sadi, ne ratera d’ailleurs aucune occasion d’investir le gouvernement. Pour le premier, la recherche de légitimité auprès des Hamrouche et Mehri est la preuve irréfutable de son incapacité à mener seul un combat pour tous les Algériens sur le plan politique et organisationnel. Les Algériens assimilent plus facilement l’image des hommes à leur appartenance régionale qu’aux idées qu’ils défendent. M. Ait Ahmed a sûrement une très longue expérience à léguer aux générations futures sur ce volet. 


La Kabylie, porte-étendard de la modernité, de la démocratie et des libertés, ne cesse donc de faire les frais de la haine du régime et de ses sous-traitants arabo-islamistes qui voient dans son insoumission et sa ténacité à réaliser ses objectifs autonomistes un danger d’effritement de son édifice idéologique définitivement inadapté à notre époque. 
Dissimuler sous un discours politisé une haine acerbe contre
la Kabylie acquiert pour ses instigateurs crédit et respect au sein des hordes de militants arabo-islamistes tout en revigorant le pouvoir qui tire ainsi les marrons du feu. 

L’antikabylisme, un gage de bonne volonté pour le pouvoir Les expériences vécues depuis presque un siècle prouvent sans ambages toute la kabylophobie des dirigeants algériens : De l’élection de Messali Hadj à la tête de l’Étoile nord-africaine en 1926 à l’aval de certains chefs de wilayas pour l’assassinat d’Abane (1958) en passant par tant d’autres tristes événements ancrés dans l’histoire de notre pays, la liste est très longue. 

Ces Kabyles assassinés ou écartés des postes de responsabilité connaissent leur tort. Pour ceux qui vivent au milieu des cercles de décisions, taire sa spécificité kabyle constitue aux yeux de leurs maîtres un gage de soumission, d’aliénation et de bonne volonté … Autrement, le cachet d’appartenance régionale les suivra toute leur carrière politique. Cette situation vécue durant le Mouvement national n’est pas inédite. Elle se poursuit même aujourd’hui. Une continuation peut être remarquée. La naissance du RND avec à sa tête un Kabyle du système, nommé Ahmed Ouyahia, n’est pas accidentelle. Son élection et son maintien à la tête de cette formation, arabiste et anti-berbériste, illustre cet anti-kabylisme du régime qui voudrait que les Kabyles soient identifiés à cet homme qui se fait volontiers le chantre de l’arabisme. Bref, une manière d’en finir avec la question kabyle. 

Le projet d’arabisation lancé par ce même personnage alors qu’il était chef du gouvernement en 1998 est un autre gage de son aliénation et de sa soumission. Prouver son opposition à tout ce qui est kabyle est une assurance de longévité et surtout de continuer à être admis au sein du cercle fermé du pouvoir. À titre d’exemple, le zèle et l’empressement de cet « homme d’État » à broyer le Mouvement citoyen tient lieu d’arrhes ouvrant droit à un siège toujours éjectable au sommet de l’État. Les exemples ne s’arrêtent pas là. L’entrisme adopté par Saïd Sadi juste après l’élection de Bouteflika en 1999 l’a poussé à prendre des positions aux antipodes des principes qui étaient ceux déclarés de son parti jusque là. 

À ce titre, on se rappellera longtemps les tentatives de manipulation des artistes, étudiants et autres animateurs de la société civile kabyle pour le compte de Bouteflika. En dépit de tous les coups bas orchestrés par les troupes de Sadi contre notre région, le soulèvement de
la Kabylie en 2001 l’a amené à abandonner cette voie, mais il ne cesse de tendre la main, de légitimer leurs élections, en participant aux scrutins que le même Sadi qualifie toujours après coup de fraude générale. D’ailleurs il est déjà en train de s’agiter pour se présenter en 2009 dans le seul but de légitimer le 3e mandat de ce même Bouteflika qui pour ce faire va violer sa propre constitution qui plafonne le nombre de mandats consécutifs d’un président à deux. 
Son frère ennemi, le FFS aussi n’est pas à l’abri de ces manœuvres. Ses manigances pour étouffer dans l’œuf les mouvements de Kabylie, le mouvement des autonomistes y compris, semble sa meilleure façon de se présenter comme l’unique interlocuteur de cette région, qui constitue, malgré elle, son réservoir électoral et militant. Son échec cuisant lors des dernières consultations électorales prouve son caractère régional et la vacuité du discours nationaliste qu’il produit dans le but de gagner la confiance des non-Kabyles. Les attaques effrontées de Louiza Hanoune, la trotskiste anti populaire, contre le mouvement citoyen et le MAK ne sont pas sans arrières pensées racistes. Depuis sa prise de conscience qu’être politique en Algérie implique indubitablement la mise à sec de certains principes, n’a cessé de nous descendre en flammes. Le lancement du carnaval « Alger capitale de la culture arabe » par une Kabyle, issue du camp démocratique, appelée Khalida Toumi, à ceux qui ont la mémoire courte, il s’agit de Khalida Messaoudi du RCD, « l’Algérienne debout », n’est pas aussi sans atteintes aux droits légitimes des peuples amazighs d’Algérie. Les festivités ont commencé un certain 12 janvier, jour de l’an Berbère. Pour qu’elle assure sa désignation au poste de ministre de
la Culture, nous tirer des balles dans le dos demeure sa seule chance de perdurer là où elle est. 

Les acteurs choisis cette fois-ci ne sont pas exempts de reproches. Comme Hamas, l’Association des Oulémas de CHIBANE, Khalida… sont en réalité des acteurs d’arrière-plan exclu des débats de l’heure. Revigorés par le racisme antikabyle à la mode, ils essayent contre vents et marées de se placer dans le débat et susciter l’intérêt du pouvoir.  Tous ces agissements racistes, délictueux dans les pays qui se respectent, sont, malheureusement chez nous des signes de bonne volonté, d’amour du pays et d’algérianité. 

                                                                                                                                       Amnay Ait Ifilkou   

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