LE MAUDIT PIED NU.

Posté par kabylie libre le 20 mars 2010

illoula.jpg

Par: M. Sadi

La nouvelle route, commence déjà à crier son ras le bol ; elle a besoin d’être respectée, de respirer d’expirer, mais cela, ni les services des ponts et chaussées, ni les entreprises qui ont pris les marchés, ne l’ont compris. D’une part par leur compétence limitée, d’une autre part, par la corruption qui a dépassé même de cap de la honte.
La terre, en colère, commence alors, rapidement, à mettre à nu, les sales marchés ; noyés par les pots de vin et l’exploitation de la misère humaine. Et la terre décida, tout d’un coup de mettre fin à ces euphories et ces nouvelles routes se transforment, très rapidement en cauchemars ; Des affaissements, des éboulements, des glissements engendrèrent des pannes et des accidents.


Les milliards de centimes faits sur le dos des contribuables, qui peinent à arrondir leur fin de mois, partent ainsi en fumée.
Ces dernières années, les instructions données aux banques, pour faciliter des crédits aux gens ; alors « ceux qui ont fait semblant de travailler et qu’on a fait semblant de payer », ils avaient bien sur compris qu’on leur envoyait du vent tous les jours, et eux, loin d’être aussi stupides, présentent des tamis, pour accueillir le vent. Ainsi tous les jours, les vents sont envoyés et tous les jours, les tamis les accueillent. Tout ce beau monde se rua vers l’achat de ces nouvelles chaussures
Ils ont juste oublié qu’il fallait des chaussures sur mesure, qui ne soient pas une contrefaçon, pour que les pieds n’aient pas d’ampoules.
Quand on emprunte la chaussure, on doit encore faire plus attention, aux crevasses, aux cassis, aux glissades et aux couteaux des bords ; les chaussures de ce qui ont gardé le vent dans le tamis , donc, à chaque « d os d’âne », on tue la vitesse, à chaque crevasse, on supplie le carter , à chaque glissade on implore le froid.
A chaque agression, les chaussures crépitent, les semelles se trouent, se décollent, parfois percutent d autres semelles, ou tout simplement ornent une poubelle.
La semelle se moule au sol ; Elle a appris à épouser les formes de la terre, cela n’a pas été sans une grosse douleur ; car il fallait forcer et cela faisait mal.
Avant-hier, de passage, la chaussure a été choquée, elle ne retrouvait plus sa route, elle avait marché doucement sur la crevasse, mais la crevasse n’était pas là, les bords tranchés ne faisaient plus mal.
Toutes les chaussures du coin ont failli perdre la tête, elles ont failli se heurter partout.
Les pieds sont un peu soulagés, mais restent perplexes, ne comprennent ce changement d’attitude de la terre, car il faut encore réadapter les semelles.
En cette belle matinée du 18 mars 2010, à l’aube du nouveau printemps noir, un peu partout sur les bords de la route du patelin, des taches de la couleur du ciel d un bleu enragé, se plantent. Comme tout le monde, ils ont fait semblant de travailler, et bien sur, ont levé le tamis pour accueillir le vent.
Des fragments de la couleur du ciel t atterrissent juste au bord d’un repère, un panneau qui indique la volonté de la destination d un peuple. La colère dissimulée comme un temps trompeur, durant les jours longs de la faim, risque de pleuvoir avant de lever les yeux au ciel.
Aujourd’hui, le temps est printanier, les chaussures n’ont pas peur de trop souffrir, les crevasses, les glissades, les couteaux des bords ont décident de prendre leur Week end. Le vent ne souffle pas sur le patelin ; les tamis sont rangés.
Les pieds ont compris, les chaussures sont heureuses de ne pas encore devoir se désintégrer, tous les pieds se sont congratulés, car tout simplement, ils ont compris que les crevasses, les couteaux du bord, les couleurs du ciel, n étaient pas pour eux mais pour le déplacement du grand pied qui sert de relais pour envoyer le vent, et comme parait il a le mal à voyager en voiture, il vomit aux secousses.
Les pieds eux, avec leurs chaussures, ont pris l’habitude de se galber dans la douleur et d’en faire parti.

Une Réponse à “LE MAUDIT PIED NU.”

  1. Jean-Paul dit :

    Magnifique!
    Merci M. Sadi pour cette poésie douce-amère qui chante le désespoir de la Kabylie.

Laisser un commentaire

 

volvofh16 |
les chevaux |
YamaP Diary |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | yasmineontv
| Monbazillac: informations c...
| yannfanch