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Peut-on débattre de l’identité nationale en Kabylie ?

Posté par kabylie libre le 13 janvier 2010

Je me questionne, tout comme des millions de kabyles, sur cette question qui, normalement semblerait moins épineuse dans les pays démocratique que dans les pays ou règnent les dictateurs.
En France ou en Suisse ou l’on tente de rétablir l’ordre d’appartenance, géographique historique et culturel, cela ne doit pas aller à l’encontre d’une ou de toutes les composantes de la société et ne relève pas de la stigmatisation.

L’identité nationale relève à mon sens, si l’on prend comme repère un pays démocratique, d’un très long débat légitime, nécessaire et ontologique. C’est aussi un moyen de redonner confiance à ceux qui contribuent intelligemment, de près ou de loin, à la reconnaissance des idéologies émises, selon que, les pratiques des cultures ne soient pas ostentatoires et n’obstruent pas aux socles et aux fondements de la constitution. Il n y a pas donc de quoi s’inquiéter dans une démocratie, tant que toutes les formations politiques contribuent à leurs façons pour construire une opinion favorable à toutes les composantes de la société dans la limite du respect des droits de chacun tout en excluant les extrêmes.

Faisons un rêve et transposons le débat au tour de l’identité Amazigh en Algérie ou la constitution comporte un chapitre sur « l’unité nationale ou les constantes nationales ». Depuis quand appelle-t-on le pays Tamazgha par l’Algérie ? Je laisse cette question aux historiens et je médite sur le sort de notre débat imaginaire qui aurait dû avoir lieu, au préalable, juste après « l’indépendance ».

Le doute y était déjà et y est d’ailleurs toujours quand on a transcrit avec le sang des innocents la question de l’unité et de l’identité nationale. Promptement, l’on a fait de l’identité nationale une suite logique des évènements qui ont suivi la guerre en dépit de la volonté du peuple amazigh et de sa culture. Car à l’origine, tout le monde le sait, la volonté du peuple de l’Afrique du nord n’était pas celle qu’il continue de subir à son insu aujourd’hui. Les constantes de notre région qui se résument en trois mots […] ne portent pas sur les valeurs universelles, à savoir, le partage, le respect de l’autre et la liberté d’exprimer ses opinions, véhiculées par les berbères que, d’autres peuples ont pris d’exemple en termes de civilisation au sens propre. Décidément et intentionnellement, c’est la politique de la division qui a prévalu sur le reste de nos besoins et au-delà des limites de la situation dans laquelle les peuples se trouvaient à l’époque. L’illettrisme, l’analphabétisme et l’impact de la guerre sur la société ont permis, à ceux qu’on avait préparés ailleurs spécialement pour gouverner, de soudoyer facilement la conscience collective par certains slogans du genre « l’unité nationale » ou même « du peuple et pour le peuple ».

On a beau remanier les textes de lois pour continuer de régner aveuglement et sauvagement en toute impunité sans que pour autant supprimer ce passage de l’unité nationale qui refait surface à chaque répression d’une protestation ou lors des besoins proprement électoraux.
Je ne m’étonne pas aujourd’hui que des algériens vivant en Algérie auraient répondu, aux micros des journalistes de télévision à la question de commenter la liesse qui a suivie la victoire sportive des algériens sur les égyptiens par « même les Kabyles ont défilé ». Evidemment qu’il n y avait pas de doute que la victoire des sportifs serait récupérée d’avance par les politiques. Mais ce qui est impressionnant et étonnant c’est que tout le monde s’était prêté au jeu, malgré le droit légitime et le mérite de ces sportifs à avoir un accueil et un budget alloué pour ce genre de circonstance.

Est-ce tout le monde s’accorde à dire que c’est ça l’identité nationale et que tout va pour le mieux après la qualification d’une équipe de football au mondiale de 2010 ?

En tous les cas, les formations politiques algériennes sont tenues forcément à l’écart sous peine de différentes sanctions, selon l’imagination des décideurs, de tous les débats en dépit de la volonté de certaines à vouloir débattre sur plusieurs questions à savoir cette problématique de l’identité nationale.

Pizoche, Marseille
Source

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