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L’engagement d’un homme kabyle

Posté par kabylie libre le 19 décembre 2009

Ferhat Mehenni, le porte-parole du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) était tout récemment à Amiens. Une visite de courtoisie dans une ville qui compte une importante communauté kabyle. Chanteur engagé et homme politique algérien, Ferhat Mehenni était en visite à Amiens, le jour de l’Aïd. Un homme de conviction qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt depuis janvier 2009 en Algérie suite à ses prises de position pour défendre la Kabylie. Rencontre dans un petit bistrot de la rue Jules-Barni, réputé pour sa clientèle kabyle. Quelles sont les raisons de votre venue à Amiens ? «Je viens tout d’abord pour y retrouver mes amis. Ensuite, Amiens est une ville dont la communauté kabyle est la plus importante en France. Il faut savoir que les Kabyles représentent un tiers de l’immigration en France, un pays où ils ont commencé à s’installer à la fin du XIX’ siècle ont notamment contribué à la construction du métro de Paris et fait le bonheur de l’industrie au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ». Mais la guerre d’Algérie n’a pas tourné en faveur de cette communauté ? « Les Kabyles étaient particulièrement engagés dans la guerre d’indépendance de l’Algérie. L’indépendance a, malheureusement, tourné à son détriment et devint son cauchemar. Plutôt que d’être récompensée, cette communauté a été déclarée l’ennemi intérieur de l’Algérie. Dès 1963, la Kabylie a déclenché une lutte armée. De héros de la guerre d’indépendance, elle est devenue le traître. » Dès 1980, vous devenez un des acteurs du printemps berbère « Sur la base de ses revendications s’est engagée dans la démocratie de l’Algérie. J’ai été arrêté douze fois par les autorités algériennes à l’occasion de la création de la Ligue algérienne des droits de l’homme. La dernière arrestation date de 1985, où j’ai été condamné à trois ans de prison ferme. J’étais aussi présent dans le vol AF 8969 d’Air France détourné en décembre 1994 par des membres du GIA. J’en ai réchappé grâce à l’action du GIGN.» Comment avez-vous vécu le printemps noir en Kabylie en 2001 ? « Des jeunes kabyles se faisaient tirer dessus comme des lapins par l’armée algérienne. C’est là que j’ai réclamé l’autonomie de la Kabylie. Depuis, pour me faire payer mon audace, on a tué mon fils de 30 ans, Amezyan, en juin 2004 à Paris. L’enquête fait toujours semblant de piétiner ». Désormais, vous êtes dans l’impossibilité de retourner en Algérie ? «Depuis janvier dernier, je fais l’objet d’un mandat d’arrêt en Algérie, soi-disant pour avoir donné une conférence dans une université. Cela fait de moi un exilé volontaire ». Comment pouvez-vous poursuivre votre action en étant hors d’Algérie ? «Je travaille au sein du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, créé après la révolte de la Kabylie de 2001. Nous avons réussi un tour de force avec une marche rassemblant 20 000 personnes en avril dernier à Tizi Ouzou. J’ai aussi été le 26 mai dernier à la tribune de l’ONU pour exposer le fait que le peuple kabyle pouvait s’autogouverner. A ce jour, la Kabylie n’a pas d’existence légale, ni de langue légale. Même en terme d’enseignement, le kabyle n’est pas reconnu. Je travaille pour inverser cette tendance. En attendant, je reviendrai au printemps prochain pour une nouvelle visite, plus longue cette fois, à Amiens ».

Propos recueillis par CHRISTOPHE BERGER Le Courrier Picard du 10 décembre 2009

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